Cannabis thérapeutique : « Au bout d’une demi-heure, je ne souffre plus », témoigne une utilisatrice régulière

Sous morphine depuis un accident il y a 40 ans, Chantal trouve aujourd’hui dans le cannabis une manière efficace de stopper ses douleurs.

Le cannabis thérapeutique sera-t-il testé dès l’an prochain par des milliers de patients français ? L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) doit dire jeudi 11 juillet, si oui ou non elle donne son feu vert à une telle expérimentation : proposer à des patients du cannabis thérapeutique pendant un à deux ans, pour soulager leurs douleurs, et ensuite évaluer l’intérêt de généraliser la pratique à certaines maladies.

Une expérimentation très attendue par les malades

Des milliers de malades attendent avec impatience cette expérimentation. Parmi eux, nombreux sont ceux qui en consomment déjà illégalement, comme Chantal, une sexagénaire que franceinfo a rencontrée. 

Dans son congélateur, « à côté des glaces et du poisson »un sachet de fleurs de cannabis. « Quand c’est bien enfermé, il n’y a pas d’odeur qui sort », sourit-elle. Ces fleurs, elle s’en fait des tisanes, ou bien elle les inhale avec une sorte de cigarette électronique. Elle a aussi, sur l’un des rayons de son frigo, un petit flacon d’huile de cannabidiol, la substance active du cannabis : une huile réservée, dit Chantal, « quand vraiment j’ai très, très, très mal ».

L’huile, c’est quand les médicaments ne font plus effet. Avec ça, au bout d’une demi-heure, je ne souffre plus.Chantalà franceinfo

« Je prends deux gouttes dans une cuillère de miel, je mets sous la langue et je laisse fondre. La douleur s’apaise, et généralement, après, je dors. Je suis tellement épuisée par la douleur que je m’endors », raconte la sexagénaire.

Brisée par la douleur depuis 40 ans

Il y a 40 ans, Chantal a eu un accident de voiture. Depuis, cette ancienne professeure de mathématiques souffre le martyre : des douleurs neuropathiques à la tête, au cou, au bras ou encore à l’épaule. « L’épaule, c’est comme si on m’avait enfoncé un gros clou, qui la transperce. Et ce clou, il ne disparaît jamais« , grimace t-elle. 

Sous morphine depuis 20 ans, Chantal a récemment réduit ses doses. Depuis deux ans, elle qui n’avait jamais fumé, même pas une cigarette, prend de temps à autre du cannabis.

Chantal se fournit en Suisse, et elle sait pertinemment que sa démarche n’est pas légale : « Tout à fait ! J’ai toujours un peu en tête que ce que je fais, ce n’est pas autorisé. Que je peux mettre en cause untel et untel qui m’aident, parce que oui, beaucoup de monde m’aide à me fournir. »

Prête à participer à l’expérimentation

Chantal a le soutien de ses médecins, et elle espère aujourd’hui que l’ANSM donnera son feu vert à l’expérimentation du cannabis thérapeutique. Elle veut même en faire partie : « Si vraiment, il y a un médicament qui est reconnu comme bien dosé par rapport à la douleur, là, ça me changerait la vie. » Parce que le rêve le plus cher de Chantal, c’est de pouvoir, un jour, abandonner la morphine.

Source : FranceInfo

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