Des poulets gorgés d’eau vendus à des associations caritatives

VIDÉO. Les poulets, vendus aux associations par un fournisseur danois, rétrécissent à la cuisson mais ne sont pas impropres à la consommation, explique RTL.

Après le bœuf, le poulet. Des associations caritatives ont reçu des escalopes de poulet gorgées d’eau alors qu’elles avaient payé ces denrées au prix de la viande, rapporte RTL. Ces morceaux congelés rétrécissaient comme une peau de chagrin au cours de la cuisson, précise la radio. La viande affichait un mauvais ratio en protéines, mais ne présentait aucun danger pour la santé des consommateurs, ce qui a convaincu les associations de maintenir leur distribution aux plus démunis. Selon Franceinfo, 360 tonnes de ces produits présentent une teneur en eau supérieure à la norme autorisée par l’Union européenne. La viande a été distribuée aux Restos du cœur, à la Croix-Rouge et au Secours populaire depuis le milieu de l’année 2018. Cité par Franceinfo, le président du réseau des Banques alimentaires explique que « 360 tonnes d’escalopes, si on considère qu’une escalope pèse 100 grammes, cela veut dire qu’on prive les plus démunis de 3 600 000 escalopes de qualité ». Il ajoute qu’« il s’agit surtout d’une fraude, d’un problème de loyauté, on a vendu de l’eau au prix du poulet ».

D’après RTL, l’État a décidé d’ouvrir une enquête pour comprendre comment et par qui ces escalopes ont été gorgées d’eau. La responsabilité du fournisseur danois, qui avait remporté l’appel d’offres, va être examinée, car ce dernier aurait pu utiliser cette méthode pour gonfler ses marges et donc contribuer à une possible « fraude économique ». C’est la deuxième fois que la viande distribuée par des associations caritatives est touché par une suspicion de fraude. Au mois de juin, la répression des fraudes annonçait avoir découvert une tromperie sur la qualité de steaks hachés vendus eux aussi à des associations caritatives comme la Croix-Rouge, les Restos du cœur ou encore le Secours populaire. Leur distribution avait été stoppée dès la découverte de la fraude.

De faux steaks achetés pour 5,2 millions d’euros

Fournis par une entreprise française s’approvisionnant auprès d’un industriel polonais, les steaks ne présentaient là encore aucun danger pour la santé des consommateurs, mais ne comportaient pas uniquement de la viande de bœuf. Ils affichaient notamment comme ingrédients des excès de gras, des tissus de mauvaise qualité, mais aussi de l’amidon et du soja. Ces 1 500 tonnes de steaks hachés surgelés ont été achetées par quatre associations pour un montant de 5,2 millions d’euros, dans le cadre d’un marché financé par le Fonds européen d’aide aux plus démunis. Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), ces faits pourraient être qualifiés de tromperie en bande organisée.

Source : Le Point

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