En France, les pauvres vivent 13 ans de moins que les riches

Alors que le taux de pauvreté a augmenté en France entre 2006 et 2016, l’Observatoire des Inégalités note que les plus pauvres ont une espérance de vie en moyenne de treize ans inférieure à celle des plus riches.

Le taux de pauvreté et les inégalités ont augmenté ces dix dernières années, assure un rapport de l’Observatoire des inégalités, rendu public mardi. « Le taux de pauvreté a augmenté de 7,3% à 8% entre 2006 et 2016 », explique le texte. Parmi les différences entre les Français les plus pauvres et les plus riches, l’Observatoire note un écart de 13 ans d’espérance de vie.

« Chez les hommes, treize années séparent l’espérance de vie des 5% les plus pauvres (71,7 ans) des 5% les plus riches (84,4 ans) », explique le rapport.

Des contraintes physiques au travail

Cet écart vient des disparités concernant les conditions de logement, d’alimentation, d’accès aux soins et « surtout de pénibilité au travail », note le texte. Ainsi, 63,4% des ouvriers non qualifiés subissent au minimum trois contraintes physiques à leur travail, qu’il s’agisse de porter des charges lourdes ou de rester longtemps debout. Ces contraintes physiques sont « 10,6 fois plus fréquente chez les ouvriers que chez les cadres supérieurs ».

Côté santé, une association expliquait en septembre 2018 que le nombre de pathologies cardiovasculaires, addictions ou encore maladies chroniques augmentait chez les personnes en recherche d’emploi. Les difficultés financières rencontrées les font, en plus, renoncer à des soins parfois indispensables,

D’après les données collectées par l’Observatoire des inégalités, en France, cinq millions de personnes pauvres vivent avec moins de 855 euros par mois pour une personne seule.
L’ascenseur social bloqué?

D’autres disparités viennent creuser le gap entre les plus riches et les plus pauvres. Ces derniers ont par exemple en moyenne un rapport plus difficile avec Internet, qu’ils utilisent moins que les classes les plus aisées. Au niveau culturel aussi, l’écart se fait sentir: 42 % des 20 % les plus riches sont allés plus de trois fois au cinéma en 2015. 17% parmi les 20 % les plus pauvres.

L’Observatoire note que cette précarité a un impact sur les enfants. Ainsi, dès le « CE2, les élèves les moins favorisés obtiennent une note moyenne de 57 sur 100 en français et de 58 en mathématiques, pendant que le quart issu des milieux les plus favorisés atteint respectivement 87 et 85 ».

Ces disparités se retrouvent évidemment dans les études supérieures: les enfants d’ouvriers représentent 13% des étudiants en licence, 9% des masters, 7% des doctorats. Globalement, ces chiffres ne progressent pas par rapport à ceux de 2007.

Source : BFMTV

https://www.inegalites.fr/L-Observatoire-des-inegalites-publie-le-troisieme-Rapport-sur-les-inegalites-en

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