L’enfer des « vaches à hublot » : les nouvelles images choc de L214

L’association de protection des animaux a publié ce jeudi une vidéo tournée dans l’élevage expérimental de Sourches, dans la Sarthe, appartenant au groupe agro-industriel Avril. L’enquête montre des vaches fistulées pour étudier leur digestion.

L214, association de protection des animaux, a dévoilé de nouvelles images choc, tournées entre février et mai 2019, dans la station expérimentale de Sourches appartenant au groupe agro-industriel Avril, dans la Sarthe.

L’enquête dénonce l’enfer des « vaches à hublot » dans ce centre de recherches où des expérimentations sont menées afin d’élaborer et tester les aliments pour animaux de la marque Sanders, leader français de la nutrition animale et filiale du groupe Avril.
Estomac perforé d’un trou de 15 cm de diamètre

Sur la vidéo, on voit des vaches fistulées – leur estomac est perforé d’un trou de 15 cm de diamètre – pour étudier leur digestion.

« Elles sont contraintes de vivre enfermées dans un bâtiment au sol bétonné, sans paille, à même leurs propres déjections. Dans un autre bâtiment, des poulets ne tiennent plus sur leurs pattes du fait de la croissance toujours plus rapide de leurs muscles. Les cochons, les lapins et les poussins sont détenus dans des cages vides de tout aménagement tandis que de jeunes veaux sont enfermés dans des cases individuelles aux parois opaques », indique L214.

L’association de défense des animaux a porté plainte mercredi contre le groupe Avril, entreprise qui gère ce laboratoire de recherches. Le procureur de la République du Mans Fabrice Bélargent a indiqué avoir reçu ce jeudi la plainte par courriel.
Le groupe Avril réagit

Le groupe Avril a pour sa part « déploré une nouvelle fois la manipulation d’images montées, tournées de nuit à des fins sensationnalistes », a-t-il indiqué dans un communiqué.

La « fistulation » est utilisée dans plusieurs centres de recherche en France et dans d’autres pays. « Il s’accompagne d’un suivi vétérinaire rigoureux et est considéré comme indolore pour l’animal », précise Tom Doron, porte-parole du groupe Avril au journal Le Parisien qui précise que la ferme de Sourches ne compte aujourd’hui que six vaches « fistulées ». Ouvrir ainsi la panse des bêtes a déjà permis « de réduire l’usage d’antibiotiques en élevage et de réduire les émissions de nitrates et de méthane (gaz à effet de serre) liées à l’élevage », argumente l’industriel.

Mais pour L214 l’objectif est tout autre : rendre les animaux plus productifs.

L’Institut national de recherche agronomique (Inra) a déclaré utiliser cette technique sur une trentaine de vaches en France, et être également à la recherche d’alternatives.

Source : leprogres.fr