Les prestations sociales font baisser de 8 points le taux de pauvreté

Le taux de pauvreté en France était de 14 % en 2016, alors qu’il aurait été de 22,2 % en l’absence des aides sociales, selon une étude de la Drees.
 Les prestations sociales font baisser de 8 points le taux de pauvreté

En 2016, les 345 euros d’aides sociales, en moyenne, versés chaque mois aux quelque 8,8 millions de personnes pauvres en France ont permis de diminuer de 8,2 points le taux de pauvreté, indique une étude publiée vendredi par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).

Grâce à ces prestations, qui comprennent les minima sociaux, les allocations logement, les prestations familiales et la prime d’activité, le taux de pauvreté est de 14 % de la population, alors qu’il aurait atteint 22,2 % en l’absence de ces allocations, précise le service statistique des ministères sociaux.

La pauvreté ressentie en nette augmentation

Le taux de pauvreté mesure la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian, soit 1 026 euros par mois. Ce chiffre n’est pas forcément directement corrélé à la pauvreté « ressentie » par la population, laquelle est en nette augmentation.

Ainsi, selon le « baromètre d’opinion » de la Drees, 18 % des Français se considéraient comme pauvres fin 2018, contre 13 % un an plus tôt, alors que, dans le même temps, le taux de pauvreté « monétaire » (mesurable d’un point de vue statistique) restait quasiment stable. Chez les ouvriers, la détérioration de cette perception a été encore plus nette : 29 % se déclaraient pauvres en 2018, contre 18 % en 2017.
26,5 milliards d’euros de minima sociaux en 2017

En ce qui concerne les minima sociaux, dont les quatre principaux sont le RSA, l’allocation adulte handicapé, le minimum vieillesse et l’allocation de solidarité spécifique, la Drees précise qu’en 2017 ils ont bénéficié à 7 millions de personnes (en comptant les enfants et conjoints), soit 11 % de la population. Dans les départements d’outre-mer, hors Mayotte, ce taux monte à un tiers. La France a consacré en 2017 quelque 26,5 milliards d’euros, soit 1,2 % de son PIB, à ces minima sociaux.

L’exécutif mène depuis plusieurs mois une concertation sur la création d’un revenu universel d’activité (RUA), qui se substituerait d’ici à 2023 à plusieurs prestations sociales, dont le RSA et la prime d’activité. L’idée de cette prestation unique avait été annoncée il y a un an par le président Emmanuel Macron au moment de la présentation de sa stratégie de lutte contre la pauvreté.