Une mystérieuse masse métallique dans le sous-sol de la face cachée de la Lune

Une mystérieuse masse métallique a été découverte sous le plus grand cratère de notre système solaire, le bassin pôle Sud-Aitken de la Lune.

Le 31 décembre 2011 et le 1er janvier 2012, les sondes jumelles de la Nasa formant la mission GRAIL (Gravity Recovery and Interior Laboratory) s’inséraient en orbite lunaire pour une année. Leur objectif était de réaliser des mesures extrêmement fines de la gravité de la Lune afin d’y déceler des irrégularités. Et c’est une énorme anomalie qui a été révélée par leurs données. Elle se dissimule au cœur du bassin pôle Sud-Aitken, un immense bassin d’impact de 2.500 km de large, le plus grand du système solaire. C’est là que le Yutu-2 (Lapin de jade 2) Chinois a atterri en janvier 2019.

« Un tas de métal cinq fois plus gros qu’Hawaï »

En combinant les données des sondes GRAIL avec les données topographiques obtenues par d’autres missions et notamment par la sonde LRO (le Lunar Reconnaissance orbiter), une équipe de scientifiques provenant de plusieurs universités américaines et dirigée par Peter B. James de l’université Baylor a remarqué une masse considérable enterrée sous le bassin pôle Sud-Aitken qui orne la face cachée de la Lune. Cette masse très dense est cinq fois plus grosse que l’île d’Hawaï, estiment les chercheurs dans une étude publiée par la revue Geophysical Research Letters.

La face cachée de la Lune. Le bassin pôle Sud-Aitken est la zone sombre en bas et légèrement à droite. Crédit : Nasa/ LRO

Au vu de sa densité, cette masse évaluée à 2,18  1018 kg est très certainement métallique et elle s’enfonce jusqu’à 300 km de profondeur. Sa présence pourrait résulter d’une concentration d’oxydes denses qui se seraient rassemblés lors de la solidification du magma lunaire mais les chercheurs privilégient une autre hypothèse.

Les restes d’un astéroïde sur la Lune

C’est un astéroïde qui en s’écrasant sur la Lune a formé le bassin pôle Sud-Aitken. Et cette masse pourrait être le reliquat de son noyau métallique qui s’est dispersé dans le manteau lunaire, la couche entre la croûte et le noyau. Pour le confirmer, les chercheurs ont réalisé des simulations d’impacts de gros astéroïdes avec un noyau composé de fer et de nickel et ils montrent que sous certaines conditions cinétiques et angulaires, le noyau peut être dispersé dans le manteau supérieur et y rester plutôt que de sombrer dans le noyau de la Lune.

L’impact de cet astéroïde a eu lieu il y a environ quatre milliards d’années, lorsque le système solaire connaissait une intense période d’activités météoritiques que les scientifiques appellent le Grand bombardement tardif (ou « Late Heavy Bombardment », LHB en anglais). La violence des chocs successifs a profondément modifié la surface de la Terre, de la Lune et des autres planètes du système solaire.

Source : sciencesetavenir.fr