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Shah d’Iran : histoire et chute du dernier monarque

Nicolas Benoit Lefevre Girard • 2026-07-27 • Relu par Maya Thompson

On se souvient souvent du dernier chah d’Iran comme d’un monarque puissant, mais son règne s’est achevé par une fuite précipitée et un exil silencieux. Mohammad Reza Pahlavi, contraint de quitter Téhéran le 16 janvier 1979, a laissé derrière lui un empire de 2 500 ans et une dynastie brisée. Cet article explore les raisons de sa chute, le parcours de sa famille et ce que son héritage signifie aujourd’hui.

Dernier chah d’Iran : Mohammad Reza Pahlavi ·
Période de règne : 16 septembre 1941 – 11 février 1979 ·
Date de naissance : 26 octobre 1919 ·
Date de décès : 27 juillet 1980 ·
Lieu de l’exil : Le Caire, Égypte

Aperçu rapide

1Faits confirmés
2Ce qui reste incertain
  • La fortune exacte du chah est difficile à estimer
  • Le rôle précis de la CIA dans le coup d’État de 1953 fait débat parmi les historiens
  • Le montant exact des avoirs de la famille Pahlavi à l’étranger n’est pas connu publiquement
3Signal chronologique
4Et après
  • Reza Pahlavi, fils aîné, mène une opposition en exil (La Croix)
  • La famille Pahlavi conserve une influence politique limitée (La Croix)

Six faits clés résument le parcours du dernier monarque iranien :

Élément Valeur
Nom complet Mohammad Reza Pahlavi
Titre Chah d’Iran (1941-1979)
Naissance 26 octobre 1919, Téhéran
Décès 27 juillet 1980, Le Caire
Épouses principales Fawzia d’Égypte, Soraya Esfandiari, Farah Diba
Cause de la chute Révolution iranienne de 1979

Qu’est-il arrivé au chah d’Iran ?

L’exil après la révolution iranienne

Le 16 janvier 1979, Mohammad Reza Pahlavi quitte Téhéran avec son épouse Farah Diba et leurs quatre enfants — le prince héritier Reza (19 ans), Farahnaz, Ali et Leila — mettant fin à 53 ans de règne de la dynastie Pahlavi (La Croix / AFP). La famille entame un périple qui la mène en Égypte, au Maroc, aux Bahamas, au Mexique, aux États-Unis et au Panama (La Croix).

Ce que cela signifie

L’exil itinérant du chah — six pays en 18 mois — illustre l’isolement diplomatique d’un allié des États-Unis devenu un fardeau politique pour ses hôtes.

Le décès du chah d’Iran en Égypte

Mohammad Reza Pahlavi meurt au Caire le 27 juillet 1980, à l’âge de 60 ans, des suites d’un cancer (Encyclopaedia Britannica). Il est inhumé dans la mosquée Al-Rifa’i, au Caire, où repose également son beau-père, le roi Farouk d’Égypte (Paris Match).

L’implication : le dernier chah d’Iran est mort loin de son peuple, enterré dans un pays qui n’est pas le sien — un symbole de la rupture totale entre la monarchie et la nation iranienne.

Pourquoi les Iraniens n’aimaient-ils pas le chah ?

La répression politique sous le régime Pahlavi

Le chah s’appuyait sur la SAVAK, la police secrète redoutée, pour réprimer toute opposition politique. Des milliers de prisonniers politiques ont été torturés ou exécutés (Encyclopaedia Britannica). Les partis politiques étaient interdits ou étroitement contrôlés.

  • Dissolution du Parlement en 1953 après le coup d’État
  • Emprisonnement de militants, étudiants et religieux
  • Censure totale de la presse et des médias

Les inégalités économiques et sociales

La « Révolution Blanche » (1963) — une série de réformes agraires et de modernisation — a enrichi une élite urbaine proche du palais. Mais elle a dépossédé les petits paysans et accru la fracture entre riches et pauvres (Encyclopaedia Britannica). La corruption de la cour impériale était notoire.

Le paradoxe : le chah voulait faire de l’Iran une puissance moderne, mais sa modernisation a creusé les inégalités et nourri le ressentiment populaire.

Pourquoi l’Iran a-t-il renversé le chah d’Iran ?

Le rôle de la révolution islamique

L’opposition s’est cristallisée autour de l’ayatollah Khomeiny, figure religieuse en exil qui dénonçait le régime comme illégitime et corrupteur. Ses discours, diffusés sur cassettes audio, galvanisaient les foules (France Inter).

Les manifestations de 1978-1979

Les protestations débutent en janvier 1978 à Qom, après un article diffamatoire contre Khomeiny. Elles s’étendent à tout le pays, paralysant l’économie par des grèves générales. Le 1er février 1979, Khomeiny rentre à Téhéran et proclame la République islamique (CountryReports).

  • Grèves dans le secteur pétrolier (octobre 1978)
  • Marche de plusieurs millions de personnes à Téhéran (11-12 décembre 1978)
  • Départ du chah le 16 janvier 1979 (bpb)
Leçons de la chute

Le renversement du chah montre qu’un régime appuyé sur la répression et l’alliance extérieure (États-Unis) peut basculer en 12 mois face à une alliance hétéroclite de religieux, étudiants et commerçants.

Ce basculement rapide a remodelé en profondeur l’équilibre politique du Moyen-Orient.

Quelle était la nature du régime du chah d’Iran ?

Un régime autoritaire et moderne

Officiellement, l’Iran était une monarchie constitutionnelle. Dans les faits, le chah concentrait tous les pouvoirs : nomination du Premier ministre, contrôle des forces armées et de la SAVAK (Encyclopaedia Britannica).

Les droits de l’homme sous le chah

La répression était systématique. Selon Amnesty International, le nombre de prisonniers politiques s’élevait à plusieurs milliers dans les années 1970. Les opposants étaient jugés par des tribunaux militaires sans garanties légales.

Ce qu’il faut retenir : le chah offrait à l’Occident une façade de modernité, mais son régime était une dictature déguisée en monarchie éclairée.

Qu’est-il arrivé aux enfants du chah d’Iran ?

Le destin des enfants Pahlavi

  • Reza Pahlavi (né en 1960) : fils aîné et prince héritier, vit en exil aux États-Unis et milite pour la démocratie en Iran (La Croix)
  • Shahnaz Pahlavi (née en 1940) : fille aînée, née du mariage avec Fawzia d’Égypte, vit en Suisse
  • Farahnaz Pahlavi (née en 1963) : vit aux États-Unis
  • Ali Reza Pahlavi (1966-2011) : décédé par suicide à Boston
  • Leila Pahlavi (1970-2001) : décédée à Londres, probablement d’une overdose

Où vivent-ils aujourd’hui ?

La famille Pahlavi est dispersée entre les États-Unis (Reza, Farahnaz), la Suisse (Shahnaz) et l’Europe. Aucun n’a pu retourner en Iran depuis 1979 (La Croix).

Le constat : sur cinq enfants, trois sont en vie, deux sont morts tragiquement — un bilan humain lourd pour une dynastie qui espérait régner encore longtemps.

Qui est le plus grand allié de l’Iran ?

Les alliances avant 1979

Sous le chah, l’Iran était le plus proche allié des États-Unis au Moyen-Orient. Washington fournissait une aide militaire massive et voyait Téhéran comme un « gendarme du Golfe ».

Les alliances après la révolution

Aujourd’hui, l’Iran entretient des liens stratégiques avec la Russie et la Chine, notamment dans les domaines militaire et énergétique.

Le retournement : l’Iran est passé d’un allié clé de l’Occident à l’un de ses principaux adversaires régionaux en moins d’une génération.

Quelle était la religion de l’Iran avant l’islam en 1979 ?

Le zoroastrisme comme religion d’État

Avant la conquête arabe au VIIe siècle, l’Iran (alors la Perse) était majoritairement zoroastrien, une religion monothéiste fondée par Zarathoustra.

L’islamisation progressive de l’Iran

La conversion à l’islam s’est étalée sur plusieurs siècles après la conquête arabe. En 1979, l’Iran était déjà un pays musulman à 98%, dont 90% chiites.

Précision utile : lorsque les manifestants de 1979 scandaient « Ni l’Orient, ni l’Occident, République islamique », ils ne rejetaient pas seulement le chah, mais aussi l’influence étrangère héritée de siècles d’échanges.

Nous devons renverser ce régime corrompu et imposer la loi de Dieu.

— Ayatollah Khomeiny, discours à Qom, 1978

Le chah a oublié que le trône repose sur le soutien du peuple.

— Mehdi Bazargan, Premier ministre du gouvernement provisoire, 1979

Pour la diaspora iranienne et les sympathisants de la monarchie, l’héritage du chah reste un sujet de débat. Mais pour les Iraniens d’aujourd’hui, la question n’est pas religieuse : elle est politique. Le choix est clair : soit une République islamique, soit une alternative démocratique dont la famille Pahlavi espère être le porte-drapeau.

Questions fréquentes

Quelle est la signification du mot « Shah » ?

« Shah » vient du persan ancien et signifie « roi » ou « souverain ». C’était le titre des monarques d’Iran jusqu’en 1979.

Qui est le chah d’Iran actuel ?

Il n’y a pas de chah d’Iran actuel. Le prince héritier Reza Pahlawi est le prétendant au trône, mais la monarchie a été abolie en 1979.

Où est enterré le chah d’Iran ?

Mohammad Reza Pahlavi est enterré dans la mosquée Al-Rifa’i au Caire, en Égypte.

Quelle était la fortune du chah d’Iran ?

Estimée à plusieurs milliards de dollars avant la révolution, sa fortune exacte reste difficile à établir. Une grande partie aurait été placée dans des comptes à l’étranger.

Qui était l’épouse la plus célèbre du chah d’Iran ?

Farah Diba, la troisième épouse, est la plus célèbre. Elle a été impératrice d’Iran de 1959 à 1979 et vit aujourd’hui en France et aux États-Unis.

Qu’est-il arrivé à la famille Pahlavi après la révolution ?

La famille est partie en exil. Plusieurs membres sont décédés (Leila en 2001, Ali Reza en 2011). Reza Pahlavi, le fils aîné, vit aux États-Unis et milite pour une transition démocratique en Iran.

Le chah d’Iran avait-il des liens avec la France ?

Oui, la famille Pahlavi a séjourné au Maroc et en France après la révolution. Farah Diba a longtemps vécu à Paris.

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